Archive dans juin 2005

Benoît le bon tuyau

On voit ici le pape affublé d’un casque de pompier italien. Est-ce que la foi en Dieu ne suffirait pas à se préserver des flammes de l’enfer ?

La dépêche AFP dit qu’un infirme lui a tendu un téléphone portable et que le pape a, de bonne grâce (moindre des choses dans sa position), accepté de converser avec son interlocuteur anonyme. Mince ! Pourvu que ce ne soit pas par hasard Villepin qui chercherait à faire homologuer ses miracles !

NDLR : notez bien que le numéro d’urgence des pompiers n’a pas pour autant changé. Il s’agit bien du 18 et non du 16.

Pour quoi votait-on ?

Nous vivons dans une société passionnante dont les contradictions ne cessent de nous étonner. Elle n’a jamais autant tiré bénéfice de la superficialité et elle passe pourtant un temps infini à mesurer et à analyser le détail des choses avec l’air sérieux des grandes découvertes.

À croire cette fois que les instituts de sondages n’ont plus rien à faire depuis le référendum. On vient de commenter une enquête très pointue sur le comportement des Français et qui démontre que les détenteurs de cartes Gold ont voté « oui » et que les détenteurs de cartes ordinaires ont voté « non ».

Était-ce bien la peine de se déplacer ? Et quelle leçon scientifique originale tirer de ces résultats que nous n’aurions pas déjà comprise ?

À parier que les conducteurs de 4X4 ont globalement voté « oui » et les conducteurs de Logan, même dans la version avec essuie-glaces, ont globalement voté « non » ; que chez Fauchon on a voté pour le « oui » et pour le « non » chez Carrefour. Est-ce que la majorité des hommes portant des pantalons à braguette boutonnée ont voté « oui » et « non » pour les fermetures éclair ? Et les possesseurs d’écran plasma, ils ont voté « oui » contre les écrans 36 cm ?

On attend avec beaucoup d’impatience (ça s’impose !) que les sondeurs nous disent comment ont voté les éjaculateurs précoces…

Faut-il canoniser Villepin ?

Photo AFP

Pincez-vous, ce que vous allez lire est authentique, je n’invente rien.

Dès la nomination de Dominique de Villepin connue, Europe 1 interroge au téléphone Roselyne Bachelot pour connaître son opinion sur la personne du nouveau premier ministre. Elle raconte son entrevue avec lui le jour où elle a été nommée porte-parole du gouvernement. Elle dit qu’elle manquait de confiance en elle, qu’elle pensait ne pas être à la hauteur, et s’en ouvre à son ami : « Dominique de Villepin l’a deviné, dit-elle. Alors il m’a pris les mains, m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit : Je sais que tu peux y arriver, aie confiance en toi, tout est en toi. » Alors Roselyne avoue que dès ce moment elle s’est sentie « transportée », « soulevée », car cet homme dégageait « quelque chose d’extraordinaire ».

Deuxième séquence surnaturelle racontée dans un chapitre du livre de Philippe Boggio, Une vie (la Table ronde), consacré à Bernard-Henri Lévy. Vous pouvez vérifier, ce que j’écris est révélé à partir de la page 417 et n’a pas été contesté.

“C’est une histoire invraisemblable, à faire peur, vérifiée à des sources fiables, une histoire de stigmates et de Christ”, prévient l’auteur.

Nous sommes en 1997. BHL déprime à l’île Maurice. Oui parce que l’élite déprime toujours à l’île Maurice. Son film Le jour et la nuit , vous vous en souvenez, est un échec. Dominique de Villepin, qui ne connaît pas BHL, l’apprend et lui téléphone pour lui demander de passer le voir dès qu’il sera de retour à Paris. Pourquoi cette sollicitude ? Parce que Villepin aime paraît-il rencontrer les gens en situation d’échec.

Comme organisé, les deux hommes se rencontrent quelques jours plus tard. Au cours de la conversation, Villepin dit à BHL : « Vous avez l’air d’un Christ sans plaies.  » BHL est surpris. La tête lui tourne. Il quitte son hôte et rentre chez lui. Journée difficile. La phrase de celui qui est alors secrétaire général de l’Élysée le hante. Sommeil agité, il se réveille en pleine nuit et… ses mains saignent ! Arielle Dombasle prend peur. Ils font le tour des hôpitaux. Paris, Londres, Milan. Quand on a du pognon, le médecin référant, on s’en tape.

« Après deux ou trois semaines, raconte l’auteur, ses blessures ont tendance à réapparaître en fin de journée et à se refermer la nuit ». BHL ne peut plus écrire, il est obligé de dicter ses articles. BHL rencontre de nouveau Villepin : « Pour chasser la gêne, Villepin plaisante. Il savait bien, s’étonne-t-il, qu’il avait un pouvoir, qu’il était un grand sorcier africain mais à ce point ! »

Hallucinant, non ?

Je ne voudrais me mêler imprudemment d’une affaire qui ne me regarde pas (d’autant que je n’aime pas trop les aiguilles), mais il faudrait immédiatement alerter Benoît je ne sais plus combien pour qu’il canonise Villepin sancto subito avant qu’il tue quelqu’un. Puisque là, plus d’enquête nécessaire comme pour Jean-Paul, les miracles étant avérés.

Alors si vous êtes privé d’emploi et dans la mouscaille jusqu’au cou, envoyez au Grand Sorcier Dominique un ongle ou une mèche de cheveux : il vous trouvera un job en moins de 100 jours.

Monsieur Dominique

  • Grand sorcier vaudou
  • Grand marabout chiraquien
  • 99% de réussite (le 1% manquant c’est la dissolution de l’Assemblée nationale suite à une grève des esprits)
  • Reçoit uniquement sur rendez-vous et seulement si vous êtes en vacances à l’île Maurice
  • Prévoit les heures de retours difficiles le week-end
  • Politologie dans le marc de café
  • Statistiques au pendule
  • Fait tourner les tables de négociation
  • Désintoxique de la 1664

Il n’y a plus quand même à espérer qu’il ne va pas se mettre à multiplier les Villepin…