Archive dans septembre 2005

Fiscalittérature

Les magazines, littéraires ou non, veulent nous faire rêver en nous faisant le coup de l’écrivain anachorète retiré du microcosme parisien pour méditer et écrire au vert pastoral de l’Irlande. Houellebecq y habite, Michel Déon aussi, et bien d’autres.

Dans toute la presse littéraire, on voit l’auteur de « La Possibilité d’une île » se promener dans la campagne irlandaise, un agneau dans les bras. Belle image romantique.

Malheureusement, la vérité sur ces évasions bucoliques est beaucoup plus terre-à-terre que ça : en Irlande, les écrivains sont exonérés d’impôts !

Toute syntaxe comprise

TF1, L’île de la tentation. Un jeune candidat pleurnichard hystérique décide de quitter le jeu, constatant son incapacité pathologique à vivre sans sa dulcinée à ses côtés. Il s’en explique auprès d’elle, aussi liquide que lui, pour l’inciter à accepter son retrait après une argumentation aussi claire qu’un cours de Lacan si l’on s’amusait, de surcroît, à placer les mots dans le désordre.

Les deux fontaines vivent un amour « fusionnel » à tendance lacrymale (quand j’entends le mot fusionnel je sors mon tisonnier) et la fille, sans doute habituée à la syntaxe hasardeuse du monsieur, ne semble pas déboussolée pour autant. A l’issue de sa supplique, il se jette à genoux aux pieds de la belle pour la demander en mariage. Il lui lance alors cette phrase, délicieuse à entendre pour la jeune femme mais ô combien cruelle pour la langue de Molière :

« Depuis que je suis tout petit, je rêve d’aller chercher ma princesse dans mon grand cheval blanc auquel j’apporterai tout le bonheur . »

Par chance, la fille ne lui a pas envoyé une avoine. Quant à la syntaxe, elle lui en veut toujours de s’être montré aussi cavalier…