Écrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture. Jean Cocteau

Aperçu de l'histoire

Cette petite fille émouvante, en larmes mais sûre de son choix, reste toute seule avec ses mots d'amour dans la gorge et son combiné trop lourd qu'elle cramponne des deux mains comme pour étreindre une dernière fois la maman qui n'est plus au bout.

 

Écrire, c'est semer des points d'interrogation

L e malentendu me plaît : les militants prendront ce roman pour une œuvre littéraire et les littéraires pour une œuvre militante.

Je suis parti d'un fait ordinaire dont j'ai eu à souffrir de l'expérience. Bien que traitée d'une manière romanesque, l'histoire s'appuie donc sur des faits authentiques.

Je voulais que deux lectures possibles retiennent le lecteur. Une première lecture qu'on qualifiera d'innocente déroule une histoire se suffisant à elle-même. Une autre lecture ouvre des voies à l'exploration psychanalytique.

Mon intention était de dresser le récit devant le lecteur, le laissant aux prises avec tout un maillage de détails, anodins en apparence, mais comme autant de petits porteurs de sens.
Le littéraire, s'il en possède au moins la connaissance des grandes lignes, n'a pas nécessairement toute l'autorité pour décoder la complexité d'une situation ou d'un comportement.
S'il a conscience de l'idée qu'il porte et le tourmente, l'écrivant ne peut souvent que poser des mots qu'il croit justes pour les efforts qui les ont fait naître. C'est pourquoi Un flocon de neige au soleil ressemble à une autopsy qui se limiterait à exposer les organes sans toujours les analyser ; et même si le je est tour à tour distant ou impliqué, le je de celui qui vit l'histoire et un autre je qui l'observe, un je scaphandrier de ses propres eaux.

Autopsy d'une rupture puis autopsy de la paternité, quand l'une a rendu plus difficile l'accomplissement de l'autre.
Que veut dire être père ?
Comment vivre la procréation et lui survivre ?
Comment donner du sens, se demandait Jacques Lacan, au fait qu'un acte aussi essentiel et noble dans l'activité humaine et qui se résume à un instant de plaisir pour l'homme, soit porté à l'état de signifiant premier si ce n'est par tout un jeu d'échanges culturels qui lui donnent consistance et statut ?

Jean Cocteau disait qu'un beau livre, c'est celui qui sème à foison des points d'interrogation.

 

 

Elle me faisait penser à un papillon qu'une brise soudaine aurait forcé l'envol et dont les ailes contrariées se déchiraient douloureusement dans l'air pour convoiter un feuillage inconnu.

Kathleen montrait une tournure de pensée labyrinthique, elle se perdait souvent dans ses propres méandres, se cognait contre des obstacles qu'elle dressait devant elle par des défauts de raisonnement.

A la connaître pourtant, cette personnalité funambule me fascinait, de cette même fascination sans doute qui obstine un chercheur d'or à dépouiller des épaisseurs de gangue tant il est sûr d'y trouver quelques pépites.

Ma seule peine était de vivre continuellement sous la hantise de son humeur filipendule que la moindre pichenette involontaire, une parole, un mot pris en contresens, ou même ne rien dire, pouvait nous faire basculer, en une fraction de seconde, de la sérénité au drame.

Dans des bouffées d'espérances, filochant des étoiles invisibles, Kathleen poursuivait un ailleurs illusoire, une partance au retour improbable pour une destination de souffrances. Décrépitude sournoise de l'être qui, n'acceptant pas de devenir ce qu'il est, dégénère insidieusement son essence à puiser une force nouvelle dans des cavales chimériques. Et moi, prétendant à l'amour, qui ne trouvait rien de mieux qu'une morale menaçante en réponse à l'angoisse d'un naufrage.

Cette femme, cette mère, je ne l'appelle plus par son prénom, j'écris et je dis K.
Je ne veux plus entendre ces syllabes qui promettent une note cristalline et ne réussissent qu'à sonner le glas.

L'histoire - Lire des extraits - Florilège

Malgré tous les soleils dont il se pare,
l'être n'est rien d'autre que cette nuit qui lui fait si peur.

 

Qui s'anime de la passion de l'autre se destine à vivre cette contradiction : si tout être mérite l'exploration de son histoire jusqu'à la découverte de sa vérité intime, il en est pourtant qu'on ne devrait jamais rencontrer tant il sera difficile de leur pardonner le trouble qu'ils ont fait naître en nous.
L'être n'est surtout pas ce qu'il montre, il est tout entier dans ce qu'il dissimule. Tout ce que l'on peut voir en lui de juste est dans l'imperceptible. Sa vérité crue qu'il voile à notre regard est beaucoup plus captivante que la somme de toutes les apparences qu'il se donne. Notre vraie richesse se tient au secret dans toutes nos pauvretés.

Malgré tous les soleils dont il se pare, l'être n'est rien d'autre que cette nuit qui lui fait si peur.

 

 

"Vue dans sa grandeur,
l’existence est tragique ; 
de près, elle est absurdement mesquine. 
Elle inspire l’idée
qu’il faut se défendre contre elle 
et fait retomber dans des sentiments 
qu’on n’aurait jamais voulu connaître." 

Jean Grenier, Les Îles, Gallimard.

[Jean Grenier était le professeur de littérature d'Albert Camus. Adolescent, c'est en lisant Les Îles, que celui qui sera plus tard l'auteur de L'Étranger décida de devenir écrivain.]

Attendre dix-sept ans que la colère s'apaise pour raconter cette histoire.
Le temps efface bien des souffrances et l'humour vient plus facilement sous la plume.
Dans la sérénité retrouvée, servir une cause quand il n'est plus nécessaire à son propre cas
d'y trouver un bénéfice.

 

L'histoire
Lire des extraits
Florilège

ISBN 2-9517108-0-1
Copyright, René-Franck BONNEL, 2001

écrivain écrivains écriture écritures littérature roman romans édition éditions éditeur éditeurs écrire meilleurs ventes livres meilleurs livres best-seller best seller livres cadeaux rené-franck bonnel rené-franck bonnel
bonnel auteur auteurs bouquin bouquins romanesque lire lecture lectures père papa séparation divorce garde des enfants droit de garde enfant enfants enfance maltraitance enfants du divorce un flocon de neige au soleil
banc public bancs publics frappes